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LES NOUVEAUX GROUPES DES SERVITEURS DU MONDE

CHAPITRE 90 — L'IMPERSONNALITE

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CHAPITRE 90

L'IMPERSONNALITE

 

1. L'impersonnalité, particulièrement chez les personnes déjà hautement intégrées, est spécialement difficile à réaliser. Il y a un rapport étroit entre l'impersonnalité et le détachement. Etudiez-le. Beaucoup d'idées chères, de qualités durement acquises, de vertus longuement cultivées et de croyances formulées avec force s'opposent à l'impersonnalité. Il est difficile pour le disciple, au début de son entraînement, de maintenir fermement ses propres idéaux et de poursuivre intensément sa propre intégration spirituelle et de rester pourtant orienté vers les autres d'une manière impersonnelle. Il voudrait qu'on se rende compte de son combat et de sa victoire ; il aspire à voir la lumière qu'il a allumée opérer une réaction chez les autres ; il désire être reconnu comme disciple ; il brûle de montrer son pouvoir et sa nature aimante très développée de manière à pouvoir susciter l'admiration ou, au moins, l'encouragement. Mais rien ne se produit. On ne le considère pas comme meilleur que ses frères ; la vie, alors, devient décevante.

 Ces vérités d'auto-analyse sont rarement regardées en face ou formulées par aucun d'entre vous ; c'est pour cela, et dans le but de vous aider, que je les formule pour vous et vous fais les affronter. Il est pénible pour des femmes et des hommes intelligents de voir ceux qui les touchent de près considérer la vie et ses problèmes sous un angle totalement différent du leur, agir, du point de vue du disciple, d'une manière peu courageuse ou même stupide et commettre apparemment de graves erreurs de jugement ou de technique. Pourtant, frère d'autrefois, pour quelles raisons êtes-vous si certain d'avoir raison et votre point de vue est-il nécessairement concret ? Il se peut que votre façon de voir la vie et l'interprétation que vous donnez à une situation quelconque aient besoin d'être ajustées, que vos motifs et vos attitudes puissent être plus purs ou plus élevés.

 Et s'ils représentent pour vous ce que vous pouvez réaliser de plus haut et de mieux à un certain moment, alors poursuivez votre route et laissez votre frère poursuivre la sienne...

 Une attitude de non-intervention, un refus de critiquer n'empêchent en rien les relations constructives et le service mutuel dans le groupe...

 Peut-être pouvez-vous clairement distinguer quelle est la faiblesse du groupe et quel est celui qui empêche le groupe d'avoir une activité meilleure. C'est bien et bon, mais à condition que vous continuiez à aimer et à servir et à vous abstenir de critique. C'est en effet une attitude mauvaise que de chercher constamment à corriger votre frère, à le reprendre, à lui imposer votre volonté ou votre point de vue, bien qu'il soit légitime d'exprimer ses idées et de faire des suggestions.

 ...Poursuivez votre propre discipline de l'âme et laissez vos frères poursuivre la leur (5-73/5).

 2. La porte se referme derrière l'initié qui est maintenant un membre accepté de son groupe et, dans les termes de l'Ancien Commentaire, "le bruit qu'elle fait en se refermant informe le monde à l'écoute que l'initié est passé dans un lieu secret, et que pour l'atteindre réellement il faudra aussi passer par cette porte".

 Ceci exprime l'idée de l'initiation individuelle engendrée par soi-même, à laquelle tous doivent se soumettre, et cela indique aussi la solitude de l'initié lorsqu'il avance. Il ne comprend pas encore tout ce que son groupe comprend ; lui-même n'est pas compris par ceux qui sont de l'autre côté de la porte. Il a pressenti, depuis un certain temps, le groupe auquel il est maintenant affilié et il devient de plus en plus conscient de l'impersonnalité spirituelle de ce groupe, qui lui semble presque être une attitude distante, ne nourrissant en lui d'aucune façon les éléments qui sont de nature personnelle ; il souffre donc. Ceux qu'il a laissés en arrière, et qui faisaient partie de son ancienne vie, ne comprennent absolument pas son impersonnalité fondamentale, même encore peu développée. Leur attitude suscite en lui, lorsqu'il la perçoit, une tendance au ressentiment et à la critique, qu'il sait ne pas être juste, mais qu'à ce stade il semble incapable d'éviter ; ceux qu'il critique s'efforcent de le mettre en pièces ou, tout au moins, de faire qu'il se sente méprisé et mal à l'aise.

 Dans les stades de début, il se protège de ceux qu'il a laissés en arrière, en se retirant, et en observant un silence tout à fait inutile et observé presque ostensiblement. Il apprend à pénétrer dans la conscience de son nouveau groupe en s'efforçant de cultiver sa faculté d'impersonnalité spirituelle. Il sait que c'est une chose à laquelle il doit parvenir et – lorsqu'il y parvient – il s'aperçoit que cette impersonnalité ne repose pas sur l'indifférence ou la préoccupation, comme il l'avait pensé, mais sur une compréhension profonde, sur une focalisation dynamique sur le service du monde, sur le sens des proportions et sur un détachement qui rend possible une aide véritable. Ainsi, la porte et le passé sont laissés en arrière. L'initié Paul essaya d'exprimer cette idée lorsqu'il dit : "Oubliant ce qui est en arrière, hâtez-vous vers le prix de votre vocation élevée au Christ." J'appelle votre attention sur le mot "vocation" (18-59).

 3. Vous pourriez ici me demander s'il existe un moyen ou une méthode unique permettant au disciple de commencer à s'approcher de ce but apparemment impossible à atteindre. Je vous réponds : oui, par la pratique soutenue de l'impersonnalité, accompagnée d'une attitude d'indifférence à l'égard des désirs, des contacts et des buts personnels. On comprend mal une telle impersonnalité ; même cultivée par des aspirants remplis de bonnes intentions, elle a une base égoïste. Réfléchissez à cela et tâchez de parvenir à l'impersonnalité grâce à l'oubli de soi, la décentralisation du foyer de la conscience hors de la personnalité (où celle-ci est généralement centrée) et sa focalisation dans l'âme vivante et aimante (5-110).

 4. Le Maître compte sur un effort de la part du disciple pour être impersonnel dans ses rapports à la fois avec Lui et avec ses condisciples ; l'impersonnalité est le premier pas sur la route de l'amour et de la compréhension spirituels. L'effort des disciples les plus sincères est généralement concentré sur un amour réciproque ; en agissant ainsi, et pour employer une ancienne expression, ils "mettent la charrue devant les bœufs". Ils devraient plutôt s'efforcer de parvenir avant tout à une certaine impersonnalité dans leurs activités, car alors, la critique disparaît et l'amour peut se déverser (5-839).

 Voir aussi : "Le détachement" et "L'indifférence".

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