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20 – Le contrôle de la parole

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20 – Le contrôle de la parole

 

1.

 Il a été dit que le principal agent actionnant la roue de la nature vers la vie phénoménale est le son, car le son originel, ou le Verbe, met en vibration la matière dont sont faites toutes les formes et il cause l'activité qui caractérise l'atome de la substance.

 Les Livres Sacrés des peuples de l'antiquité et toutes les grandes religions portent le témoignage de l'efficacité du son pour produire tout ce qui est tangible et visible. Les Hindous l'expriment de façon fort belle :

"Le Grand Chanteur construit les mondes et l'univers est son Chant", ce qui est un autre mode d'exprimer la même idée. Si nous nous en rendons compte et saisissons la science établie sur ce concept, la valeur réelle de nos paroles et l'émission du son dans nos propos nous apparaîtront un fait important.

 Le son a été considéré, par les philosophes anciens et toujours plus par les penseurs modernes, comme l'agent supérieur utilisé par l'homme pour modifier lui-même et son milieu. La pensée, la parole et l'activité qui en résulte sur le plan physique constituent la triplicité qui fait de l'homme ce qu'il est et le mettent où il est. Le but du langage est "d'habiller" la pensée pour la communiquer à autrui. En parlant, nous évoquons une pensée et la rendons présente, amenant ainsi ce qui est caché en nous à une expression audible. La parole révèle ; la parole juste crée des formes bénéfiques tout comme la parole mauvaise produit des formes maléfiques. Sans bien le comprendre, nous continuerons à parler sans cesse et de manière irresponsable jour après jour, à faire usage de mots, à multiplier les sons, nous entourant de mondes de formes de notre propre création. Il faut comprendre toute l'importance de réfléchir avant de parler, nous rappelant l'injonction : "Avant d'être digne de parler, tu dois arriver à la connaissance". Donc, pensons d'abord, choisissons les mots justes pour exprimer des pensées justes, cherchant de prononcer correctement, de donner la juste valeur et la juste tonalité à chaque mot qui sort de notre bouche.

 Alors notre langage parlé créera une forme-pensée incarnant notre idée. Alors nos paroles n'apporteront plus la discorde, mais la grande note d'harmonie que l'homme doit faire résonner. Il est intéressant de se souvenir que le mot, symbole d'unité, est divin, tandis que le langage, avec ses nombreuses différenciations, est humain.

 Avec le progrès de l'évolution et l'élévation de la famille humaine à sa vraie place dans le grand plan de l'univers, le langage correct sera de plus en plus cultivé ; on pensera mieux avant de parler et, comme l'a dit un grand instructeur : "Par la méditation, on remédiera aux erreurs dues aux paroles". L'importance réelle des formes de paroles, des sons justes, de la qualité de la voix, deviendra de plus en plus évidente et reconnue. (4-142/4)

 2.

 L'un des plus grands instruments favorables à un développement effectif se trouve entre les mains de tous, petits et grands, et cet instrument est la parole. Celui qui surveille ses paroles et qui ne parle que dans un but altruiste, en vue de transmettre l'énergie d'Amour par le moyen de la langue, saura rapidement triompher des premières difficultés qui se présentent à ceux qui se préparent à l'initiation. La parole est la manifestation la plus occulte qui soit ; elle est le moyen de créer et le véhicule de la force. Dans l'abstention de la parole se trouve, ésotériquement parlant, la conservation de la force ; dans l'utilisation des mots, judicieusement choisis et prononcés, se trouve la distribution de la force d'amour du système solaire, cette force qui préserve, fortifie et stimule. Il n'y a que celui qui a une certaine connaissance de ces deux aspects de la parole, qui puisse être jugé digne de se tenir devant l'Initiateur et d'emporter de cette présence certains mots et secrets qui lui sont livrés sous l'engagement du silence.

 Le disciple doit apprendre à garder le silence devant ce qui est mal. Il doit apprendre à garder le silence devant les souffrances du monde, ne perdant pas de temps en vaines plaintes et démonstrations de chagrin, mais soulevant le fardeau du monde, travaillant sans gaspiller son énergie en paroles. Cependant, en même temps, il doit parler lorsqu'un encouragement est nécessaire, se servant de la parole à des fins constructives ; exprimant la force d'amour du monde qui peut couler à travers lui, là où elle peut le mieux servir à alléger un fardeau, se souvenant que, à mesure des progrès de la race, l'amour entre les sexes et son expression seront transposés sur un plan supérieur.

 Ensuite, au moyen du mot prononcé, et non au moyen de son expression sur le plan physique comme maintenant, viendra la réalisation de ce véritable amour qui unit ceux qui sont dans le service et dans l'aspiration. Alors l'amour entre les membres de la famille humaine se manifestera sous la forme d'une juste utilisation de la parole dans le but de créer sur tous les plans ; et l'énergie qui pour la majorité trouve maintenant son expression dans les centres inférieurs ou centres de génération, sera transférée au centre de la gorge. Ceci est encore un idéal bien lointain, mais dès maintenant, certains peuvent imaginer cet idéal et chercher à lui donner forme, même inadéquatement, par l'union dans le service, la coopération aimante et l'unité dans l'aspiration, la pensée et l'effort. (1-74/5)

 3.

 Que l'aspirant se demande si son attitude mentale et si ses paroles dites à certaines occasions s'inspiraient du désir d'imposer sa volonté à son interlocuteur. L'imposition de cette volonté pouvait être juste ou fausse. Si elle était juste, cela signifie qu'il parlait sous l'impulsion de sa volonté spirituelle, que ses paroles étaient en syntonie avec le dessein de l'âme, que l'amour les inspirait et qu'elles étaient donc constructives, utiles et faisaient du bien. Son attitude était celle du détachement et il n'avait nul désir de faire prisonnier le mental de son frère. Mais si ses paroles étaient dictées par la volonté autoritaire et par le désir d'imposer ses idées à ses semblables, pour briller en leur présence ou pour les obliger à accepter ses conclusions, alors cette manière de faire serait destructive, dominatrice, agressive, polémique, violente, selon les tendances de la personnalité. (4-573/4)

 4.

 En termes symboliques et sans m'étendre sur les significations, je pourrais dire qu'un ashram a trois cercles (je ne parle pas ici de grade ou de rang) :

 a. Le cercle de ceux qui parlent et qui se tiennent près de la porte extérieure. Il n'est pas permis à leur voix de pénétrer très avant et de déranger ainsi l'ashram.

b. Le cercle de ceux qui connaissent la loi du silence, mais la trouvent difficile. Ils se tiennent dans la partie centrale, et ne disent mot. Ils ne connaissent pas encore le silence de l'ashram.

 c. Le cercle de ceux qui résident dans le lieu secret et calme. Ils n'utilisent pas les mots et cependant leur note résonne ; quand ils parlent, les hommes écoutent.

 Cette triple présentation des pouvoirs équilibrés de la parole et du silence est l'effet compris de l'obéissance occulte, qui est en soi un réponse volontaire à la puissance de vie de l'ashram, à la pensée et à l'amour du Maître de l'ashram. … Apprenez ainsi à savoir quand parler et quand garder le silence ; rappelez-vous que l'élimination de la possessivité et de la référence à soi-même réduira la parole à l'essentiel spirituel. (6-550/1)

 5.

 … Que chacun d'entre vous acquière la maîtrise de la parole, ce qui a souvent été votre but, mais un but rarement atteint. Rappelez-vous que le facteur le plus puissant pour maîtriser la parole est un coeur aimant. Les propos en l'air ou pleins d'appréhension, les bavardages haineux, les insinuations cruelles, le soupçon, l'attribution d'intentions mauvaises ou méchantes à des personnes ou à des peuples, les divergences d'attitude qui ont séparé les différentes nations, sévissent actuellement et ont amené le monde à sa détresse présente. Il est si facile de se laisser entraîner aux habitudes de parole et de pensée que nous voyons autour de nous et de se découvrir en train de participer aux attaques et à l'esprit de haine.

Surveillez-vous rigoureusement sur ce point et ne dites rien qui pourrait enflammer la haine et le soupçon contre une race, une personne, un groupe, un chef de groupe ou de nation. Il faudra vous surveiller avec soin afin que, même dans la défense de ce que vous approuvez sur le plan personnel ou national, vous ne vous surpreniez pas à être pleins de haine et à transgresser la loi d'amour, seule loi qui puisse sauver le monde. La clé de la réussite dans cette voie, n'est-ce pas le silence d'un coeur aimant ? (13-82)

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