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109 – Education

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109 – Education

 

1.

 L'éducation moderne a été principalement compétitive, nationaliste et donc séparative. Elle a formé l'enfant à considérer les valeurs matérielles comme d'importance majeure, à croire que sa propre nation est aussi d'importance majeure, et que toute autre nation est secondaire. Elle a nourri son orgueil et entretenu la croyance que son groupe et sa nation sont infiniment supérieurs aux autres personnes et aux autres peuples. On lui enseigne donc à être une personne partiale, dont l'appréciation des valeurs mondiales est fausse, et dont les attitudes envers la vie sont caractérisées par le parti pris et le préjugé. …

 Le niveau général d'information, dans le monde, est élevé mais habituellement partial, influencé par des préjugés nationaux ou religieux, ce qui fait de l'homme un citoyen de son propre pays, mais non un être humain en relation avec le monde. On ne met pas l'accent sur la citoyenneté mondiale. (12-38/9)

 2.

 Dans le domaine de l'éducation, l'unité d'action est essentielle. Une unité fondamentale d'objectifs devrait, sans aucun doute, gouverner les systèmes d'éducation des nations, même si l'uniformité de méthodes et de techniques n'est pas possible. Les différences de langue, d'éléments acquis et de culture existeront et devront toujours exister ; elles constituent la splendide tapisserie de la vie humaine à travers les âges. Mais beaucoup de ce qui a jusqu'ici entravé les bonnes relations humaines doit être éliminé.

 Dans l'enseignement de l'histoire, par exemple, allons-nous en revenir aux anciens errements, où chaque nation se glorifie, fréquemment aux dépens d'autres nations, où les faits sont systématiquement travestis, où les pivots de l'histoire sont les diverses guerres au cours des siècles, donc, une histoire d'agression, de montée d'une civilisation matérielle et égoïste, d'esprit nationaliste et donc séparatif qui a entretenu la haine raciale et stimulé l'orgueil national ? La première date historique dont le petit Anglais moyen se souvient habituellement est "Guillaume le Conquérant, 1066". L'Américain se souvient du débarquement des Pères Pèlerins et de la conquête progressive du pays dépossédant ses habitants légitimes.

 Les héros de l'histoire sont tous des guerriers : Alexandre le Grand, Jules César, Attila, Richard Coeur de Lion, Napoléon, George Washington et beaucoup d'autres. La géographie est en grande partie l'histoire sous une autre forme mais présentée de manière semblable, une histoire de découvertes, de recherches et de mainmises, fréquemment suivies de traitement cruel et inique des habitants des terres découvertes. La cupidité, l'ambition, la cruauté et l'orgueil, sont les notes-clé de notre enseignement de l'histoire et de la géographie.

 Les guerres, les agressions, et les spoliations, qui ont caractérisé toutes les grandes nations sans exception, sont des faits qui ne peuvent être niés.

Mais, néanmoins, la leçon donnée par les maux qui s'en sont suivis (dont la guerre 1914-1945 a été le point culminant) peut être mise en lumière, et on peut indiquer les causes anciennes des préjugés et des antipathies d'aujourd'hui, et insister sur leur puérilité. N'est-il pas possible de construire une théorie de l'histoire sur les grandes et belles idées qui ont conditionné les nations et en ont fait ce qu'elles sont, et de mettre l'accent sur la créativité qui les a toutes caractérisées ? Ne pouvons-nous pas présenter plus efficacement les grandes époques culturelles qui – apparaissant soudain dans une nation – ont enrichi le monde entier et donné à l'humanité sa littérature, son art et sa vision ?

 … Le monde est un grand creuset d'où l'Humanité Une est en train d'émerger. Ceci impose un changement radical de ces méthodes de présentation de l'histoire et de la géographie. La science a toujours été universelle. Le grand art et la littérature ont toujours appartenu au monde entier. C'est sur ces faits qu'il faut construire l'éducation à donner aux enfants, éducation basée sur les ressemblances, les réalisations dans la création, les idéalismes spirituels et les points de contacts. Si on ne le fait pas, les plaies des nations ne seront jamais guéries. et les barrières qui ont existé depuis des siècles ne disparaîtront jamais.

 Les éducateurs, placés en face de l'occasion mondiale actuelle, devraient veiller à ce que l'on pose de saines bases pour la prochaine civilisation ; ils doivent entreprendre ce qui est d'envergure générale et universelle, véridique dans sa présentation, constructif dans sa manière d'aborder les problèmes. Les mesures initiales que prendront les éducateurs de tous les pays détermineront inévitablement la nature de la civilisation à venir. Ils doivent se préparer à une renaissance de tous les arts et à un flux libre et nouveau de l'esprit créateur de l'homme. Ils doivent donner beaucoup d'importance aux grands moments de l'histoire humaine où la divinité de l'homme a brillé d'un vif éclat et indiqué de nouveaux modes de pensée, de nouvelles manières de faire des plans, modifiant ainsi pour toujours le cours des affaires humaines…

 Deux idées majeures devraient être enseignées aux enfants de tous les pays. Ce sont : la valeur de l'individu et le fait de l'humanité une. … La valeur de l'individu et l'existence de ce tout que nous appelons l'Humanité sont très étroitement reliées. Il faut y insister. Ces deux principes, lorsqu'ils seront correctement enseignés et compris, conduiront à une intensive culture de l'individu, et à la reconnaissance de sa responsabilité en tant que partie intégrante du corps tout entier de l'humanité. (12-45/8)

 3.

 L'université, en réalité, devrait correspondre dans le domaine de l'éducation au monde de la Hiérarchie ; elle devrait être la gardienne des méthodes techniques et systèmes de pensée et de vie qui relieront l'être humain aux mondes des âmes, au Royaume de Dieu, et non seulement aux autres êtres humains sur le plan physique ; non seulement au monde des phénomènes, mais aussi au monde intérieur des valeurs et de la qualité.

 A nouveau, je répète que la préparation de l'homme à être un citoyen du royaume de Dieu n'est pas essentiellement une activité religieuse à mettre entre les mains des représentants des grandes religions. Ce devrait être la tâche de l'éducation supérieure donnant un but et une signification à tout ce qui a été fait. Si cela vous semble idéaliste et impossible, permettez-moi de vous assurer qu'au moment où l'ère du Verseau sera complètement épanouie, ce sera l'objectif reconnu et certain des éducateurs de ce temps-là. (12-49)

 4.

 Il faut aussi se souvenir (et ceci est plus généralement reconnu) que la qualité des enfants venant maintenant en incarnation devient régulièrement meilleure et plus élevée. Ils sont, dans beaucoup de cas, anormalement intelligents, et ce que vous appelez le quotient d'intelligence est fréquemment très élevé. Cela se produira de plus en plus jusqu'à ce que des jeunes de quatorze ans aient les moyens et l'intelligence des étudiants d'université brillants d'aujourd'hui. (12-50)

 5.

 On pourrait dire :

 Le premier effort de l'éducation pour civiliser l'enfant sera d'exercer et de diriger intelligemment ses instincts.

 La seconde obligation de l'éducateur sera de le faire parvenir à la vraie culture en l'entraînant à utiliser correctement son intellect.

 Le troisième devoir sera de susciter et de développer l'intuition.

 Quand ces trois aspects seront développés et fonctionneront, on aura un être humain civilisé, cultivé, éveillé spirituellement, un homme aux instincts justes, à l'intelligence solide, à l'intuition consciente. Son âme, son mental et son cerveau fonctionneront comme ils le doivent, en justes relations réciproques, ce qui, de plus, produira la coordination et l'alignement correct. (12-50)

 6.

 … Tout le but de l'effort, présent et futur, est d'amener l'humanité au point où – en termes occultes – "elle entre dans la lumière". Toute la tendance de l'actuelle poussée vers l'avant, que l'on peut noter si distinctement dans l'humanité, est de lui permettre d'acquérir la connaissance, de la transmuer en sagesse à l'aide de la compréhension, et ainsi d'atteindre à la "complète illumination". L'illumination est le but majeur de l'éducation. (12-52)

 7.

 La note-clé de l'éducation nouvelle est essentiellement une juste interprétation de la vie, passée et présente, et sa relation avec l'avenir de l'humanité. La note-clé de la nouvelle religion doit être une approche correcte de Dieu, transcendant dans la nature, immanent chez l'homme, tandis que la note-clé de la nouvelle science de la politique et du gouvernement sera de justes relations humaines. L'éducation doit préparer l'enfant en vue de ces deux derniers facteurs. (12-57)

 8.

 La production écrite ou parlée de la pensée des hommes, englobant ce qui est ancien, ce qui est nouveau et moderne, ce qui est superficiel et relativement sans valeur, est si vaste aujourd'hui qu'il est impossible de l'enregistrer, et que la vie d'un livre est brève. Pour couronner le tout, il existe un net effort pour mettre les ressources de l'éducation à la portée de tous. Cela se réalisera finalement, et le type d'éducation prévu atteindra les objectifs suivants, préparant ainsi le terrain pour le futur développement d'une éducation plus élevée et meilleure.

 1. Mettre à la disposition du citoyen moyen ce qui "s'est fait jour" dans le passé.

 2. Susciter un intérêt pour les sciences et les connaissances nouvelles qui se font jour.

 3. Développer la mémoire et le pouvoir de reconnaître ce qui est présenté à l'esprit.

 4. Relier le passé et le présent.

 5. Instruire les citoyens quant à la nature et aux droits de la possession, en mettant l'accent sur la manière de jouir et d'user correctement des dons matériels et intellectuels de la vie ; en insistant aussi sur leur relation avec le groupe.

 6. Indiquer la véritable vocation après une étude sérieuse.

 7. Indiquer les méthodes pour parvenir à la coordination de la personnalité.

 Tout cela lancera l'homme dans l'arène de la vie avec un certain bagage de connaissances quant à ce qui a été découvert dans le passé et quant à son héritage personnel ; avec une certaine mesure d'activité mentale, qui peut être développée et perfectionnée si lui-même le désire et y parvient en se comportant correctement par rapport à son entourage ; avec certaines spéculations, rêves et idéaux mentaux qui peuvent être transmués en atouts valables s'il est doué de persévérance, et si ses facultés d'imagination n'ont pas été émoussées par un programme imposé, déséquilibré ; s'il a eu aussi la chance d'avoir un professeur sage et quelques amis compréhensifs parmi ses aînés. (12-58/9)

 9.

 … L'un de nos objectifs immédiats de l'éducation doit être d'éliminer l'esprit de compétition et d'y substituer la coopération consciente. Ici, la question se pose immédiatement : Comment peut-on y parvenir, et en même temps obtenir un haut niveau de formation individuelle ? La compétition n'est-elle pas l'aiguillon majeur de tout effort ? Il en a été ainsi jusqu'ici, mais ce n'est pas indispensable.

 Aujourd'hui l'enfant moyen, pendant les cinq ou six premières années de sa vie, est la victime de l'ignorance de ses parents, de leur égoïsme ou de leur manque d'intérêt. Souvent, ses parents le font tenir tranquille ou l'écartent, trop occupés de leurs propres affaires pour lui consacrer le temps nécessaire, occupés d'affaires non essentielles, comparé à la question importante et indispensable de donner un bon départ à leur enfant sur le sentier de la vie, dans cette incarnation. On l'abandonne à ses propres ressources, ou à celles de quelque bonne d'enfants ignorante, à un moment où ce petit animal destructeur devrait être transmué en petit citoyen constructif. Parfois, il est choyé, parfois grondé, traîné ici ou là, selon les caprices ou l'intérêt de ses parents qui l'envoient en classe avec une impression de soulagement afin de l'occuper et de l'écarter. A l'école, il est souvent confié à une personne jeune, ignorante quoique bien intentionnée, dont la tâche est de lui enseigner les rudiments de la civilisation : une certaine attitude superficielle, une certaine forme de manières qui devraient gouverner ses relations dans le monde des hommes, la possibilité de lire, d'écrire et de compter, des notions d'histoire et de géographie (rudimentaires en vérité), la manière correcte de parler et de rédiger.

 A ce moment-là, néanmoins, le mal est fait, et la forme que peuvent prendre, par la suite, les modes d'éducation qu'on lui appliquera après l'âge de onze ans, est de peu d'importance. On lui a donné une orientation, une attitude (habituellement de défense, et donc d'inhibition), on lui a imposé un mode de conduite superficiel et non basé sur les réalités des justes relations. L'individu vrai, qui existe en tout enfant – expansif, ouvert, bien intentionné (ce que sont la majorité des enfants) – a, en conséquence, été repoussé vers l'intérieur et a disparu ; il s'est caché derrière une coque extérieure, imposée par l'enseignement et la coutume. Ajoutez à cela une multitude de cas de mauvaise compréhension de la part de parents aimants et bien intentionnés, mais superficiels, une longue série de petites catastrophes en relation avec les autres ; il devient évident que la plupart des enfants prennent un mauvais départ et commencent la vie, handicapés de manière fondamentale. Le mal fait aux enfants, au cours des années où ils sont malléables, est souvent irrémédiable et cause beaucoup de souffrances plus tard dans la vie. Que peut-on donc faire ? Quel devrait-être l'effort des parents et des éducateurs, mises à part les méthodes plus techniques que j'ai indiquées dans les chapitres précédents ?

 Tout d'abord et par-dessus tout, il faudrait faire l'effort d'assurer une atmosphère où certaines qualités peuvent apparaître et s'épanouir.

 1. Une atmosphère d'amour, d'où la peur est bannie, où l'enfant comprend qu'il n'a pas lieu d'être timide ou sur ses gardes, où il est traité courtoisement par les autres, et où l'on attend de lui, en retour, des manières également courtoises. Cela est, en vérité, bien rare dans les salles d'écoles, ou même dans les foyers. Cette atmosphère d'amour ne repose pas sur une forme d'amour émotionnel, sentimental, mais sur la compréhension du potentiel de l'enfant en tant qu'individu, sur un sens de vraie responsabilité, d'absence de préjugés ou d'antagonisme racial, et par-dessus tout, sur une tendre compassion. Cette tendre compassion est basée sur le fait qu'on connaît la difficulté de vivre, sur la sensibilité à la réaction normalement affectueuse de l'enfant, et sur le fait qu'on sait que l'amour suscite toujours le meilleur chez l'enfant et chez l'homme.

 2. Une atmosphère de patience où l'enfant peut se mettre à chercher, normalement et naturellement, la lumière de la connaissance ; où il est sûr de trouver toujours une réponse rapide et sérieuse à ses questions, et où n'existe jamais l'impression de hâte. La plupart du temps, la nature de l'enfant est faussée par la bousculade et la précipitation que manifestent ceux avec qui il vit. On n'a pas le temps de l'instruire et de répondre à ses petites questions très nécessaires ; le facteur temps devient donc une menace pesant sur son juste développement, et conduit finalement à une vie de faux-fuyants et de fausses perspectives. Son échelle des valeurs est déformée par l'observation de ceux avec qui il vit ; beaucoup de ce qu'il voit est porté à son attention par l'impatience qu'on lui manifeste. Cette impatience de la part de ceux dont il dépend de manière si émouvante sème les graines de l'irritation ; beaucoup de vies sont gâchées par l'irritation.

 3. Une atmosphère d'activité ordonnée où l'enfant peut apprendre les premiers rudiments de la responsabilité. Les enfants qui viennent en incarnation actuellement et qui peuvent bénéficier du nouveau type d'éducation sont nécessairement au bord de la conscience de l'âme. L'une des premières indications de ce contact de l'âme est le sens de la responsabilité qui se développe rapidement. Il faut garder cela soigneusement à l'esprit, car le fait de se charger de petits devoirs et de partager les responsabilités (ce qui se rapporte toujours à quelque forme de relation de groupe) est un facteur puissant dans la détermination du caractère de l'enfant et de sa future vocation.

 4. Une atmosphère de compréhension où l'enfant est toujours sûr que les raisons de ses actions seront reconnues, et que les adultes qui vivent avec lui comprendront toujours le motif de ses impulsions, même s'ils n'approuvent pas ce qu'il a fait, ou ses activités. Beaucoup des choses que fait l'enfant moyen ne sont ni méchantes, ni perverses, ni mauvaises en soi. Il y est fréquemment poussé par un esprit curieux frustré, par le désir de se venger de quelque injustice, due à ce que l'adulte n'a pas compris ses motifs, par une inaptitude à employer le temps correctement, car la volonté de direction, à cet âge, est souvent un repos complet, et ne devient active que lorsque le mental commence à fonctionner. Il est poussé aussi par un désir d'attirer l'attention, désir nécessaire au développement de la conscience de soi, mais qui demande à être compris et très soigneusement guidé.

 C'est l'ancienne génération qui entretient dès le début, chez l'enfant, un sens de culpabilité, de péché et de mauvaise action, complètement inutile.

On insiste tellement sur les petites choses mesquines, qui ne sont pas vraiment mal, mais agaçantes pour les parents ou l'enseignant, que le vrai sens du mal (à savoir, reconnaître que de bonnes relations n'ont pas été maintenues avec le groupe) se trouve masqué et non reconnu pour ce qu'il est. Les nombreux petits péchés, imposés à l'enfant par la constante répétition du "Non", par l'emploi du terme "vilain", et basés sur le fait que les parents ne savent ni comprendre, ni occuper leur enfant, n'ont pas vraiment d'importance. Si ces aspects de la vie de l'enfant sont correctement pris en main, ce qui est mal, la violation du droit des autres, l'empiétement du désir individuel sur les nécessités et les conditions du groupe, le tort ou le dommage fait aux autres à des fins de gain personnel, apparaîtront en une juste perspective et au moment voulu. La voix de la conscience (le murmure de l'âme) ne sera pas étouffée, et l'enfant ne deviendra pas antisocial. Il ne devient antisocial que lorsqu'il n'a pas rencontré de compréhension et donc ne comprend pas, ou lorsque les circonstances exigent trop de lui. (12-74/8)