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PRINCIPES ET PERSONNALITÉS

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PRINCIPES ET PERSONNALITÉS

 

Il y a un point qui mérite d'être pris en considération. On pourrait faire des recherches à ce sujet comme suit :

"Certaines personnes se posent le problème de l'Etre du point de vue mental, d'autres par la compréhension du cœur. Certains agissent ou évitent d'agir parce qu'ils savent plus qu'ils ne sentent ; ou encore certains réagissent à leur milieu mentalement plus qu'affectivement.

Le point à éclairer est de décider si, pour quelques-uns, le sentier ne serait pas celui du service parce qu'ils connaissent Dieu plus qu'ils ne l'aiment. Dieu est, après tout, leur soi profond. N'est-il pas le sentier de l'occultiste et du sage plutôt que celui du mystique et du saint ? Cela ne dépend-il pas du rayon sur lequel on se trouve, du Maître que l'on sert et qui vous enseigne ? La vraie connaissance n'est-elle pas une sorte d'amour intellectuel ? Si un poète compose une ode à la beauté intellectuelle, pourquoi ne pourrions-nous pas exprimer notre appréciation de l'unité que la tête conçoit mieux que le cœur ?
Le cœur a sa valeur, mais il n'est pas adapté aux cruelles conditions du monde.

Que faire, sinon accepter les limitations présentes tout en cherchant la transcendance selon la loi divine de l'évolution ? N'y a-t-il pas quelque chose d'équivalent à un complexe d'infériorité spirituelle de la part de ceux qui sont sensibles, peut-être hypersensibles, au fait que, si leur vie est remplie d'intérêts intellectuels, le désert de leur cœur est encore loin de fleurir comme la rose ?

Autrement dit, si un homme accepte la place qui lui est assignée et qu'il sert, reconnaissant la Fraternité et la Présence du Père, qu'importe si le principe de base est fondé sur la tête plutôt que sur le cœur ?"

A ces questions, je répondrai ainsi :

Il ne s'agit ni de rayon, ni de distinction fondamentale entre mystique et occultiste. Dans l'individu accompli, la tête et le cœur doivent fonctionner avec la même puissance. Dans le temps et l'espace, toutefois, et au cours de l'évolution, les individus se distinguent par une tendance prédominante dans l'une ou l'autre de leurs vies. Parce que nous ne voyons pas l'ensemble du tableau, nous remarquons des distinctions temporaires. Dans une vie, un homme peut surtout être mental ; aussi, pour lui, le sentier de l'amour de Dieu ne lui conviendrait pas. L'amour de Dieu est répandu dans son cœur et son approche occulte est basée surtout sur la perception mystique des vies passées.
Son problème est de connaître Dieu dans le but d'interpréter cette connaissance par l'amour pour le tout. L'amour, en tant que sens de responsabilité, manifesté dans le devoir envers le groupe et la famille, est donc pour lui la ligne de moindre résistance. L'amour universel rayonnant vers la nature tout entière et vers toutes les formes de vie suivra une connaissance plus profonde de Dieu.
Cet amour fera partie de son développement dans une autre incarnation.

Ceux qui étudient la nature humaine, et tous les aspirants ont la tâche de le faire, doivent se souvenir qu'il existe des différences temporaires. Les êtres humains sont différents par :

a. Le rayon qui influence principalement le magnétisme de la vie.
b. L'approche de la vérité, selon que le sentier mystique ou le sentier occulte les attire davantage.
c. La polarisation qui décide de la physique.
tendance émotive, mentale ou
d. Le point d'évolution qui produit les nombreuses diversités que rencontre entre les hommes.
e. Le signe astrologique qui détermine la tendance prédominante dans une vie particulière.
f. La race qui met la personnalité sous la forme-pensée particulière à sa race.

Le sous-rayon sur lequel se trouve un individu, rayon mineur variant d'une incarnation à l'autre, colore sa vie présente. C'est sa teinte secondaire. N'oubliez pas que le rayon primordial reste inchangé à travers les âges ; il est l'un des trois rayons primordiaux qui synthétiseront les fils des hommes. Le rayon de l'égo varie de ronde en ronde et, pour les âmes plus évoluées, de race en race ; il comprend l'un des cinq rayons de notre évolution actuelle. C'est le rayon prédominant qui fait vibrer le corps causal de l'homme. Il peut correspondre au rayon de la monade ou il peut être l'un des sous-rayons complémentaires d'un rayon primordial. Le rayon de la personnalité varie de vie en vie jusqu'à ce qu'il soit passé par toute la gamme des sept sous-rayons du rayon monadique.

Les personnes dont les monades sont sur un rayon semblable ou complémentaire éprouvent beaucoup de sympathie les unes pour les autres.
Toutefois, nous devons nous rappeler qu'il faut être arrivé à un haut degré d'évolution pour que le rayon de la monade exerce une véritable influence. La majorité des cas qui se présentent n'entrent pas dans cette catégorie. Chez les hommes assez évolués qui luttent encore pour se rapprocher de l'idéal, la ressemblance du rayon égoïque produira la compréhension mutuelle et l'amitié.
Il est facile à deux personnes qui se trouvent sur le même rayon égoïque de comprendre leurs points de vue respectifs et elles se lient de grande amitié avec une entière confiance l'une en l'autre, car chacune voit l'autre agir comme elle le ferait elle-même.

Quand, outre la similitude de rayon égoïque, il y a le même rayon de la personnalité, alors se vérifie une amitié parfaite, un mariage réussi, un lien indissoluble entre deux êtres. C'est fort rare.

Entre deux personnes qui sont sur le même rayon de la personnalité, mais dont le rayon égoïque est différent, il peut naître une amitié brève, de soudaines affinités aussi éphémères que le papillon. Il faut s'en souvenir, car la reconnaissance de cette vérité conduit à la compréhension et à la faculté d'adaptation. La clarté de vision rend circonspect.

Une autre cause de différence peut être due à la polarisation des corps. Si l'on n'en tient pas compte, l'incompréhension peut s'ensuivre. L'expression "un être humain polarisé dans son corps astral" signifie que son égo agit par le véhicule astral. La polarisation indique le degré de purification du canal.
Permettez-moi un exemple. L'égo de l'homme d'évolution moyenne est sur le troisième sous-plan du plan mental. Si un individu a un véhicule astral composé surtout de matière astrale du troisième sous-plan et un véhicule mental sur le cinquième sous-plan, l'égo concentrera son effort sur le corps astral. Si l'individu a un corps mental de matière du quatrième sous-plan et un corps astral du cinquième sous-plan, la polarisation sera mentale.

Quand on dit que l'égo domine plus ou moins un être humain, on veut dire qu'il a construit, dans ses corps, de la matière des sous-plans supérieurs.

L'égo dirige avec intérêt l'homme seulement quand celui-ci a presque entièrement éliminé la matière des septième, sixième et cinquième sous-plans de ses véhicules. Quand il a construit une certaine proportion de matière du quatrième sous-plan, l'égo étend sa maîtrise. Si une certaine proportion du troisième sous-plan commence à entrer dans la structure des véhicules, l'homme s'engage sur le Sentier. Quand la matière du deuxième sous-plan prédomine, l'homme obtient l'initiation ; quand il n'a plus, dans ses véhicules, que de la matière atomique, il devient un Maître. Le sous-plan où se trouve l'homme a son importance et la reconnaissance de sa polarisation explique sa vie.

Toutefois, il ne suffit pas de tenir compte des deux points indiqués ; une autre cause d'incompréhension peut dériver de l'ignorance de l'âge de l'âme ; ces points ne nous sont pas de grande aide, car la capacité de reconnaître le rayon sur lequel un homme se trouve n'est pas encore développée dans notre race. Une supposition approximative et l'usage de l'intuition est tout ce qui est possible à présent. L'homme peu évolué ne peut comprendre l'homme très évolué et l'égo avancé ne peut comprendre complètement un initié. Le "plus" peut comprendre le "moins", mais le contraire n'est pas vrai.

Quant à votre comportement vis-à-vis de ceux dont le degré d'accomplissement transcende le vôtre, voici mes suggestions :
a.
Réservez votre jugement. Leur vision est plus ample que la vôtre.
N'oubliez pas qu'une des plus grandes qualités acquises par les membres de la Loge est leur faculté de considérer la destruction de la forme comme dénuée d'importance. Leur préoccupation est l'évolution de la vie.
b.
Comprenez que tous les événements sont produits par les Frères en vue d'un dessein sage. Les initiés de moindre degré, bien que libres de leurs actions, se conforment aux plans de leurs supérieurs tout comme vous, mais en proportion mineure. Eux aussi ont leurs leçons à apprendre et la loi de toute science est que toute expérience se paie.
Bien souvent, on apprend par les conséquences d'une action erronée.
Ceux qui sont supérieurs veillent pour transformer en bien les situations causées par les erreurs de ceux dont le développement est moindre.
c.
Rappelez-vous que la loi de Renaissance cache le secret de la crise présente. Des groupes d'égo viennent ensemble pour s'acquitter d'un certain karma encouru au temps passé. Les hommes ont commis de graves fautes dans le passé. La punition et la transmutation en sont les conséquences naturelles. La violence et la cruauté commises dans le passé produisent une moisson de dur karma, mais il dépend de vous de transmuer les anciennes erreurs.

Souvenez-vous que les principes sont éternels et les personnalités, temporaires. Les principes doivent être considérés du point de vue de l'éternité ; les personnalités, du point de vue du temps. La difficulté est que, dans bien des situations, sont compris deux principes, dont l'un est secondaire ; elle naît du fait que, s'agissant de deux principes, tous deux sont justes. La règle pour bien agir est de se souvenir que, généralement, les principes fondamentaux, pour être bien compris et appliqués avec fruit, exigent l'intervention de 'intuition, tandis que les principes secondaires sont purement mentaux. Les méthodes sont nécessairement différentes. Quand on s'en tient aux principes fondamentaux, la méthode la plus sage est le silence et la confiance joyeuse dans l'accomplissement de la Loi, l'abstention de toute intervention personnelle sauf de commentaires sages et charitables, le propos de voir tout à la lumière de l'éternité et non du point de vue du temps, et l'effort constant de suivre la loi d'amour, ne voyant que le divin dans vos frères, même s'ils sont vos adversaires.

Dans les principes secondaires, sur lesquels les forces contraires mettent l'accent, l'usage du mental inférieur fait surgir le danger de la critique, l'emploi de méthodes sanctionnées par le temps dans les trois mondes inférieurs. Ces méthodes impliquent l'attaque personnelle, les invectives, l'emploi de la force dans le sens destructif et une attitude contraire à la loi d'unité du plan.
L'expression "forces opposées" n'est correcte que si elle est employée dans le sens scientifique ; dans ce cas elles signifient le pôle opposé qui conduit à l'équilibre. Rappelez-vous que des groupes opposés peuvent être absolument sincères, mais le mental concret agit en eux comme un obstacle au libre jeu de la vision supérieure. Même si leur sincérité est grande, leur degré d'évolution atteint dans certaines directions est inférieur à celui de ceux qui adhèrent aux principes fondamentaux qu'ils perçoivent seulement à la lumière de l'intuition.

Un principe fondamental est celui qui incarne un aspect de la vérité sur laquelle est basé notre système solaire. C'est la pénétration jusqu'à la conscience humaine d'une fraction de l'idée sur laquelle le Logos fonde son travail. La base de toute action égoïque est l'amour en action, et l'idée fondamentale de son œuvre, liée à la hiérarchie humaine, est le pouvoir de l'amour de faire progresser. Appelez-le évolution, si vous voulez, ou impulsion intérieure irrésistible, si vous préférez ; c'est l'amour causant le mouvement et poussant à l'achèvement. C'est la poussée vers une plus ample expression.
Aussi ce principe doit-il être à la base de toute activité et si le gouvernement des organisations de moindre importance était fondé sur le même sens d'amour actif, il conduirait tous ses membres à une impulsion divine, à une plus vaste expression ; ainsi, tout tendrait à un effort plus satisfaisant et un accomplissement plus adéquat.

Un principe fondamental fait appel à l'intuition et provoque une réponse immédiate d'assentiment du Soi supérieur de l'homme. Il n'en appelle pas à la personnalité. Il incarne une conception de l'égo dans son rapport avec les autres égos. Un principe est ce qui inspire toujours l'action de l'égo sur son propre plan ; c'est seulement en nous soumettant de plus en plus à cet égo que notre personnalité atteint à ces idées et y répond. Il faut en tenir compte dans tous les contacts avec autrui, modifiant aussi notre jugement sur chacun. La compréhension d'un principe marque un point dans l'évolution.

Un principe est ce qui donne vie à une affirmation relative au plus grand bien du plus grand nombre. "Un homme doit aimer sa femme" est un principe qui régit la personnalité. Il doit ensuite être transmué en un principe supérieur :
"Un homme doit aimer ses semblables". Les principes sont de trois sortes, le plus élevé doit être atteint via l'inférieur.

a.
Les principes qui régissent le soi personnel inférieur et qui concernent les actions et la vie active de ce soi inférieur. Ils incarnent le troisième aspect, celui de la manifestation logoïque et forment la base du progrès ultérieur. Ils gouvernent l'homme au cours de la période peu évoluée où le mental est peu actif. Ils seraient mieux compris si l'on disait que ces principes s'expriment par les règles communément acceptées. "Tu ne tueras pas, tu ne voleras pas... "sont des principes qui se rapportent à la vie active de l'homme, à la formation de son caractère.

b.
Les principes qui régissent le Soi supérieur et se rapportent à l'aspect amour-sagesse. Ce sont ceux dont nous devons nous occuper. Une grande partie des désordres du monde actuel proviennent du fait que ces principes supérieurs, liés étroitement à l'amour-sagesse dans sa plénitude, commencent à peine à être perçus par le gros de l'humanité. La reconnaissance de leur vérité et la tentative de les mettre en pratique, sans avoir précédemment préparé le milieu à ces idéals, provoquent des heurts fréquents et des luttes entre ceux qui sont gouvernés par les principes de la personnalité et ceux qui reconnaissent les principes qui régissent le Soi supérieur. Tant qu'un nombre plus grand d'hommes n'a pas atteint la conscience de l'âme, ce conflit est inévitable. Quand le plan émotionnel sera dominé par le plan de l'intuition, la compréhension universelle s'établira.

L'homme apprend la première série de principes par l'avidité et les conséquences désastreuses qui s'ensuivent. Il a volé, il en a subi le châtiment et a cessé de voler. Le principe s'imprime en lui par la souffrance et il a appris qu'il ne peut jouir que de ce qui lui appartient de droit et non de ce qu'il s'approprie. Le monde est en voie d'apprendre cette leçon en groupe. Les appropriations illicites n'apportent pas le bonheur, mais seulement la souffrance. Ainsi, avec le temps, les hommes apprennent ces principes.

L'homme apprend la deuxième série de principes par la renonciation et le service. Peu à peu, il détourne son attention des choses de la personnalité et, dans le service, il apprend le pouvoir de l'amour dans sa signification occulte. Il donne et, par conséquent, il reçoit. Il vit une vie de renoncement et les richesses du ciel se déversent sur lui. Il donne tout et se trouve comblé. Il ne demande rien pour lui et il est l'homme le plus riche de la terre.

Les premiers principes ont trait à l'unité différenciée et à l'évolution par l'hétérogénéité. Les principes de la deuxième série se rapportent aux groupes. La question n'est plus : "Qu'est-ce qui vaut mieux pour l'individu ?", mais "Qu'est-ce qui est le mieux pour la masse ?". Seuls ceux qui ont la vision de "beaucoup en tant qu'un" entendent ces principes fondamentaux de notre système basé sur l'amour. L'ennui est que les hommes, aujourd'hui, n'ont pas d'idées assez claires. Les principes de la première série, ceux de la personnalité, qui régissent les activités fondamentales, sont tellement enracinés en l'homme que seuls quelques-uns des principes égoïques supérieurs, ou de l'amour, pénètrent jusqu'à son cerveau troublé et y créent momentanément un apparent conflit d'idées. Aussi, disent-ils comme Pilate : "Qu'est-ce que la vérité ?". S'ils voulaient bien se rappeler que les principes supérieurs se rapportent au bien du groupe et que les principes inférieurs se rapportent au bien de l'individu, peut-être que les choses seraient plus claires. L'activité inférieure de la vie personnelle, si bonne et digne soit-elle, doit finalement être transcendée par la vie d'amour qui cherche le bien du groupe et non celui de l'individu.

Tout ce qui tend à la synthèse et à l'expression divine dans les collectivités se rapproche de l'idéal et se conforme plus étroitement aux principes supérieurs. La réflexion sur ces idées peut être utile. Mes dires se trouvent illustrés par le fait que des conflits, qui se produisent au sein des organisations, proviennent souvent de l'obéissance de braves gens à la personnalité. Ils se sacrifient pour un principe, mais un principe régissant la vie de la personnalité.
D'autres, entrevoyant vaguement quelque chose de supérieur et le bien du groupe, non celui de sa propre personne, se trouvent face à un principe supérieur et, ce faisant, attirent les énergies égoïques ; ils travaillent pour autrui et cherchent à aider leur groupe. Quand les égos et les personnalités se trouvent de front, la victoire du supérieur est assurée. Le principe inférieur doit céder le pas au supérieur. Tel se concentre sur ce qui lui semble être la valeur principale, c'est-à-dire la satisfaction du désir de la personnalité, et, en deuxième lieu seulement, au bien du grand nombre, même si à certain moment il peut s'illusionner et penser que c'est son intention.

Tel autre ne se soucie nullement de ce qu'il peut advenir au soi personnel, et il s'intéresse seulement à aider la masse. Au fond il s'agit de savoir si le motif est égoïste ou désintéressé. Vous savez que les motifs changent à mesure que l'homme s'approche du sentier de probation.

c.
Des principes encore supérieurs sont ceux intelligibles à l'Esprit et saisis promptement par la conscience monadique. Quand l'homme a transcendé sa vie active personnelle et y a substitué la vie d'amour et de sagesse dirigée par l'égo, il commence à comprendre l'étendue de cette vie d'amour et à la reconnaître comme Pouvoir en manifestation.
De même que la personnalité a affaire aux principes qui régissent les activités du soi inférieur et que l'égo agit selon la loi d'amour se manifestant dans le travail de groupe ou dans la synthèse de beaucoup en quelques-uns, de même la monade s'occupe-t-elle de la vie active de l'amour manifesté comme pouvoir par la synthèse des quelques-uns en Un.
Les premiers principes se rapportent à la vie de l'homme sur le plan physique, ou dans les trois mondes ; les deuxièmes, à sa vie sur le niveau causal, et les derniers, à sa vie après avoir atteint le but auquel tend l'évolution humaine. Les uns régissent les individus ; les autres, les groupes ; et les troisièmes, l'unité. Les premiers concernent la différenciation à son point de plus grande diversité ; les deuxièmes, le grand nombre réduit à des groupes égoïques ; les troisièmes voient la différenciation revenue aux sept, ce qui est l'unité pour la hiérarchie humaine.

Ces facteurs et d'autres encore produisent des différences entre les êtres humains ; en s'analysant, l'homme doit en tenir compte.

Il faut donc se souvenir qu'un disciple de n'importe lequel des Maîtres a son propre équipement, ses qualités et ses défauts. D'une chose il peut être sûr ; tant que le sentier de la connaissance n'est pas uni à celui de l'amour, il ne peut atteindre les initiations supérieures, car celles-ci s'obtiennent sur les niveaux supérieurs du mental. Tant que le sentier de lumière n'est pas uni à celui de la vie, la transition du quatrième au cinquième règne ne peut se produire. Certaines expansions de conscience sont possibles, les initiations sur le plan astral et le plan mental inférieur, de même ; la vision peut être partiellement perçue, le sens de la Présence peut être éprouvé ; le Bien-aimé peut être atteint par l'amour ; la félicité et la joie de ce contact peuvent produire un état de bonheur constant ; mais la claire perception qui vient de l'expérience vécue sur la Montagne de l'Illumination est différente de la joie expérimentée sur la Montagne de la Bénédiction. Le cœur conduit à l'une, et la tête, à l'autre.

On peut dire catégoriquement que le sentier de la connaissance est celui de l'occultiste et du sage, et le sentier de l'amour est celui du mystique et du saint.
La voie de la tête, ou celle du cœur, ne dépend pas du rayon, car il faut connaître l'une et l'autre. Le mystique doit devenir occultiste ; l'occultiste blanc a été un saint mystique. La vraie connaissance est amour intelligent, car c'est la fusion de l'intellect et de la dévotion. L'unité est expérimentée dans le cœur, son application intelligente à la vie doit se faire par la connaissance.

Il est précieux de connaître la tendance du dessein de la vie et de savoir si c'est la méthode du cœur ou celle de la tête qui est l'objectif d'une vie particulière. Un discernement spirituel subtil est ici nécessaire pour que l'illusion ne nous attire pas dans la voie de l'inertie. Réfléchissez à ces mots et veillez à ce que l'examen de vous-mêmes soit basé sur la vérité et ne vienne pas d'un complexe d'infériorité, de la comparaison avec le travail d'un frère et de la tendance à la jalousie, ou encore de la complaisance de vous-mêmes qui annule l'activité. 

En règle générale, on peut considérer l'aspirant au discipulat comme celui qui a beaucoup appliqué la voie du cœur dans des incarnations passées et pour qui, dans cette incarnation, la voie mentale prend une plus grande importance.

D'anciens textes disent :

"Ne cherche pas, ô toi deux fois béni, à atteindre l'essence spirituelle avant que le mental ne l'absorbe. Ce n'est pas ainsi que se cherche la sagesse. Seul celui qui a dominé le mental et voit le monde comme dans un miroir peut obtenir sans danger l'usage des sens intérieurs.

Seul celui qui sait que les cinq sens sont illusoires et que rien ne demeure, sauf les deux en tête, peut être admis dans le secret du Cruciforme transposé.
Le sentier que foule le serviteur est un sentier de feu qui passe par le cœur et conduit à la tête. Ce n'est pas sur le sentier du plaisir, ni sur celui de la douleur que la libération peut être atteinte et que vient la sagesse. C'est par la transcendance des deux, par la fusion du plaisir et de la douleur que le but est atteint, ce but qui est devant nous comme un point de lumière dans l'obscurité d'une nuit d'hiver. Ce point de lumière peut rappeler la petite chandelle d'une triste mansarde, mais quand le sentier qui conduit à cette lumière se parcourt par l'union des paires d'opposés, ce point de lumière faible et vacillant augmente continuellement jusqu'à ce qu'une chaude lumière éclatante se montre à l'esprit du pèlerin sur le sentier.

Continue ton chemin, ô Pèlerin, avec une ferme persévérance.
Là, nulle chandelle ni lampe à huile. Le rayonnement croît jusqu'à ce que le sentier se termine dans une gloire lumineuse ; le pèlerin dans la nuit devient l'enfant du soleil et entre par la porte de son orbe radieuse."

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