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NEGATION DE LA GRANDE ILLUSION

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NEGATION DE LA GRANDE ILLUSION

 

La phrase de la quinzième règle qui dit "qui unissent le feu et l'eau" se réfère à l'effet qui se produit au point de condensation, après que les "grands mots" qui produisent ces effets ont été prononcés. Cette règle est presque inexplicable et il ne m'est pas permis de donner ces "grands mots".
Seules quelques indications peuvent être données pour encourager le véritable aspirant à réfléchir. Celles-ci, hélas, peuvent seulement irriter le penseur superficiel qui cherche des méthodes faciles, rapides et des formules toutes faites pour agir. La chaleur et l'humidité sont présentes dans la production de toutes les formes de vie, mais le grand mystère, celui qui est révélé seulement à l'adepte, est de comprendre comment les trois feux peuvent produire l'humidité ou l'élément eau. Ce problème et ce phénomène constituent la base de la grande illusion à laquelle se réfèrent certains livres anciens. Sous l'effet de cette combinaison, "maya" qui enveloppe tout, se produit. En réalité, il n'existe pas d'eau ; la sphère aqueuse, le plan astral, n'est (si seulement vous le compreniez) qu'un effet illusoire et n'a pas d'existence réelle. Cependant, dans le temps et l'espace, et pour la compréhension de la conscience témoin, elle est plus réelle que ce qu'elle cache et dissimule. Je ne peux m'expliquer plus clairement. Je ne peux que suggérer à l'étudiant intelligent que la lumière de son âme qui se reflète dans son mental et l'énergie de la forme, exprimée dans son corps éthérique, sont pour lui, dans le domaine de la dualité temporaire, ses deux réalités fondamentales. La nature aqueuse de son expérience astrale, où ces deux aspects de la réalité semblent s'unir et agir (encore une illusion) n'est qu'un phénomène illusoire et, occultement, n'est basé sur aucun fait réel. Tout véritable aspirant sait que son progrès spirituel peut se mesurer en proportion de sa libération de l'illusion qui l'a fait entrer dans la pure atmosphère et la lumière de sa conscience spirituelle.

Dans sa conscience, l'animal agit selon la deuxième de ces réalités fondamentales et, pour lui, la vie du corps éthérique et la force qui régit la nature animale ou matérielle sont l'expression première de la vérité.
Cependant, l'animal commence à pressentir vaguement le monde de l'illusion et il a certains pouvoirs psychiques qui le rendent capable de reconnaître le plan astral, mais non de l'interpréter. Le voile de l'illusion commence à tomber devant ses yeux, mais il l'ignore. L'être humain erre depuis des siècles dans le monde de l'illusion, car c'est lui qui le crée. Mais, à son tour, du point de vue de la conscience, il prend contact avec les deux réalités et il apprend peu à peu à dissiper l'illusion, aidé par la constante augmentation de la lumière de l'âme. Je peux affirmer que la dualité n'est qu'un stade sur l'arc évolutif qui conduit finalement à la réalisation de l'unité.

Le voile de l'illusion ressemble au moment qui précède l'aube quand le monde des choses familières est perçu à travers un brouillard et des lambeaux de brume qui voilent la forme du monde et aussi le soleil levant. Puis vient cette période intermédiaire, mystérieuse et vague, où le réel est caché par l'irréel. Il y a encore une condition atmosphérique étrange dans laquelle les formes n'apparaissent pas telles qu'elles sont réellement mais semblent avoir perdu contour, couleur et perspective. La vraie vision est impossible. Le stade astral et le vaste cycle de temps où prédomine la grande illusion sont donc – on en peut juger par cette comparaison symbolique – temporaires et transitoires.
Ce n'est pas le stade de la manifestation nettement divine ; ce n'est pas le stade de la perception consciente pure que rien n'obscurcit ; ce n'est pas le stade du travail parfait.

C'est la période où cheminent les demi-dieux ; c'est le moment où la vérité n'est perçue que vaguement, la vision captée indistinctement et passagèrement.
C'est le stade du Plan à moitié réalisé alors qu'on travaille en se basant sur une connaissance incomplète et que les difficultés et les erreurs surviennent inévitablement. C'est aussi le stade des déformations et des changements constants. Tant qu'il dure, nous sommes constamment poussés de ci, de là, par des forces qui agissent aveuglément et, en apparence, sans objet. En ce qui concerne l'humanité, c'est l'époque où l'homme est enveloppé de brume et de brouillard, perdu dans les miasmes qui s'élèvent du sol, symbole de la nature fondamentale du règne animal. Il y a des moments où ce stade apparaît irréel, car la lumière de la conscience spirituelle commence à apparaître et à percer à travers l'obscurité environnante. C'est l'intermède entre la prédominance de la conscience animale et celle de la conscience spirituelle. Cet intermède d'illusion astrale ne se trouve que dans la famille humaine. Il n'existe que dans la conscience du quatrième règne, car l'homme est soumis à l'illusion en un sens différent de la perception consciente de tout autre règne, subhumain ou super-humain.

J'ai peu d'espoir d'élucider la signification de ce que j'entends vous transmettre. Comment celui qui est sujet, comme tous les êtres humains, aux illusions des sens peut-il concevoir l'état de conscience de celui qui s'est libéré des illusions du plan astral, ou réaliser l'état de conscience des formes de vie qui n'ont pas encore développé la conscience astrale ? C'est la dualité du mental qui cause l'illusion, car le mental présente à l'homme les clés du royaume des dieux ou lui ferme la porte qui pourrait l'admettre dans le monde des réalités spirituelles. C'est le mental concret qui est la cause de tous les maux de l'humanité. C'est le sens du moi séparateur, sens de la séparativité, qui a conduit l'humanité à sa condition présente et pourtant cela fait partie du grand processus de l'évolution. La conscience de la dualité, le sentiment de "Je suis Dieu" et de "Je suis forme" réalisé subjectivement et synchrone, a plongé l'humanité dans la grande illusion.

Toutefois, cette même illusion restitue à l'homme, avec le temps, la connaissance du mot de passe secret pour entrer dans le royaume de Dieu et arriver à la libération. C'est la maya qui le guide vers la vérité et la connaissance. C'est sur le plan astral que l'hérésie de la séparativité doit être vaincue ; c'est sur le champ de bataille de Kurukshetra que l'aspirant Arjuna et l'Arjuna cosmique apprennent la leçon qui veut que le connaisseur et ce qui est connu ne soient qu'un. Le secret du Maître de la Sagesse consiste à savoir dissiper les brouillards et les brumes, les ténèbres et la tristesse qui sont le produit des feux dans les premiers stades. Le secret du Maître est la découverte qu'il n'y a pas de plan astral. Il s'aperçoit que le plan astral n'est qu'une invention de l'imagination, créée par l'usage incontrôlé de l'imagination créatrice et l'abus des pouvoirs magiques.

Le travail de la Hiérarchie est avant tout de mettre un terme à l'ombre et de dissiper l'humidité ; le but des Maîtres est de faire pénétrer la lumière de l'âme et de montrer que l'esprit et la matière sont les deux réalités qui constituent l'unité, que ce n'est que dans le temps et l'espace et par l'usage erroné cyclique des pouvoirs magiques et psychiques que le plan astral de la grande illusion en est venu à exister et qu'il est, dans un certain sens, plus réel pour l'homme que le domaine de la lumière et celui de la forme. Dans un sens très intéressant, il est vrai que, puisque l'être humain est une âme, que la lumière de l'âme est en lui et qu'elle se développe jusqu'à être une lueur intense, tout cela produit l'illusion. A cause de cette illusion, le travail magique se fait dans une mauvaise direction, fondé sur des motifs erronés et adaptés à un schéma qui est plus fort que le travailleur moyen, car toute la force de l'illusion du monde se dresse contre les efforts de celui qui commence à travailler dans la magie blanche.

Ces règles se terminent par l'injonction "Que le magicien entonne les paroles qui allient le feu et l'eau". Ce sont là les règles pour l'aspirant. Les règles pour l'initié, qui sont parallèles, se terminent par les mots : "Que l'initié fasse résonner la note qui unit les feux". C'est très significatif et encourageant pour le débutant dans le travail magique. Il doit encore travailler sur le plan astral, ce qui sera nécessaire pour longtemps encore. Le signe de son développement est dans le retrait constant de sa conscience hors du plan astral et dans la réalisation de l'équilibre mental et de la perception consciente mentale suivie du travail créateur sur le plan mental. Il y a une intéressante déclaration, trouvée dans les archives des adeptes, au sujet de certains stades du travail magique et qui est présentée, bien entendu, en termes symboliques :

"Que le magicien se tienne au sein de la grande mer du monde. Qu'il s'immerge dans ses flots et qu'il garde pied.
Qu'il plonge son regard dans l'eau profonde. Aucune forme n'est vue dans sa réalité. Rien n'apparaît, sauf l'eau. Elle se meut sous ses pieds, autour de lui et au-dessus de sa tête. Il ne peut parler, il ne peut voir. La vérité disparaît dans l'eau.

Que le magicien demeure dans le courant. Autour de lui, coule l'eau. Ses pieds demeurent fermement sur le fond rocheux, mais les formes qu'il distingue se perdent dans l'immensité de la brume. L'eau lui arrive jusqu'au cou, mais ses pieds sont sur le rocher et sa tête est libre dans l'air ; il fait des progrès. Pourtant tout apparaît encore déformé. Il sait ou il se trouve, mais il ne sait où aller, ni comment avancer. Il ne comprend pas. Il prononce les mots magiques, mais ceux-ci sont étouffés, vagues, perdus et la brume les lui renvoie ; nulle note juste ne résonne. Autour de lui, beaucoup de sons de beaucoup de formes étouffent sa note.

Que le magicien demeure fermement dans la brume humide, sans se laisser entraîner par le courant. De vagues contours se dessinent. Il voit le sentier sur une certaine distance. Des lueurs apparaissent dans la brume et le brouillard. Il entend sa propre voix, elle sonne plus claire et plus juste. Les formes d'autres pèlerins se remarquent. La mer est derrière lui. Le fleuve est sous ses pieds. Autour de lui encore brumes et brouillard ; au-dessus de sa tête, ni ciel ni soleil.

Que le magicien se tienne sur un terrain plus élevé, mais sous la pluie. Les gouttes serrées l'inondent, le tonnerre éclate, les éclairs sillonnent le ciel. Sous les torrents de pluie, le brouillard se dissipe, la forme est lavée et l'atmosphère s'éclaircit.

Des formes sont vues, des sons arrivent à l'oreille, encore confus, car le tonnerre retentit avec fracas et la pluie tombe avec violence. La voûte du ciel apparaît de même que le soleil ; entre les nuages qui courent, s'entrevoient de larges bandes de ciel bleu qui réjouissent les yeux fatigués du disciple.

Que le magicien demeure au sommet de la montagne. Au-dessous de lui, s'étendent vallées et plaines, avec des eaux, des fleuves, des nuages. Au-dessus de lui le bleu du ciel, la splendeur du soleil levant, la pureté de l'air de la montagne.
Chaque son est clair. Le silence est riche de sons."

Vient ensuite la phrase lourde de sens qui décrit l'achèvement : "Que le magicien demeure au cœur du soleil et regarde, de là, le globe terrestre. De ce point élevé de paix sereine, qu'il fasse résonner les paroles qui créeront les formes, qui construiront les mondes et les univers et donneront vie à son œuvre. Qu'il projette les formes créées sur le sommet de la montagne de manière à ce qu'elles puissent fendre les nuages qui entourent le globe terrestre et apporter lumière et puissance. Celles-ci dissiperont le voile des formes qui cache la véritable demeure de la terre aux yeux de celui qui observe."

Tel est le terme du travail magique. Il conduit à la découverte que les soidisant plan astral et lumière astrale ne sont que la fantasmagorie créée par l'homme lui-même. Ce qu'il a créé, il peut aussi le détruire.

Maintenant, je ne peux ajouter d'autres notions sur le plan astral. Les mots qui unissent, fondent, ne peuvent en aucune circonstance être communiqués, sauf sous le sceau du secret qui gouverne automatiquement le disciple consacré, serment qui n'est donné à personne, mais seulement à sa propre âme quand cette dernière lui a communiqué les mots de pouvoir. Il les trouve de lui-même comme résultat d'efforts et de tentatives inlassables. Il sait que ces formules sont la prérogative de toutes les âmes et qu'elles peuvent être utilisées sans danger par ceux qui ont réalisé le Soi comme Un. Le disciple s'engage donc à ne jamais révéler ces mots à celui qui ne fonctionne pas encore comme âme ou qui erre aveuglément dans la vallée de l'illusion. Cette réponse ou réaction automatique à la connaissance par les Connaisseurs de l'humanité guide la Hiérarchie des Adeptes à reconnaître ceux qui peuvent devenir ses membres.

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