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Un député de base…

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Un député de base…

 

« Franchement, y’en a marre ! »

Franchement, je vous le dis sincèrement, y’en a ras la casquette ! Et ça, c’est moi qui vous le dis, pas Jean-Luc Reitzer député LR du Haut Rhin.

Sortie très remarquée pour Jean-Luc Reitzer, le 22 mai 2018, en groupe de travail sur le statut des députés, qui s’est fendu d’une diatribe aussi cynique qu’amorale, en ces temps d’assainissement des mœurs en politique. Lui a-t-il échappé que les temps avaient changé, que le vent avait tourné ? Ou Jean-Luc Reitzer serait-il un fantôme du passé, un « visiteur » perdu dans les galeries du temps, catapulté en 2018 à l’heure de la moralisation de la vie publique ?

On se le demande encore, compte tenu du niveau surréaliste de ses propos sur les contrôles des députés et leur salaire. Mais ce qui choque encore plus que son « coup de gueule » de député en détresse, c’est le cynisme total qui caractérise sa pensée.

Définition de cynisme : Attitude cynique, effronterie de la personne qui se moque des conventions, des principes moraux.

C’est exactement ça : on a vraiment l’impression que ce monsieur se moque de nous, se moque de la morale, se moque des conventions (et des lois) que les types de base doivent respecter, car des députés de base, comme lui, les ont votées.

Alors, par solidarité avec tous les types de base qui en ont marre qu’on les roule dans la farine, voici quelques rappels à notre ami Jean-Luc et à ceux qui seraient tentés de voir en lui le parangon de la lutte pour la cause des députés (opprimés…). Florilège.

« Moi j’ai le sentiment qu’on a beaucoup de contrôles »

Oui messieurs les députés de base, passer son temps à collecter les factures, les notes de restaurant, faire ses déclarations de patrimoine, tout cela est fastidieux et…

Pardon ? Vous vouliez ajouter autre chose Jean-Luc ?

« Enfin moi je ne m’en occupe pas, c’est mon épouse qui fait tout ! »

Naturellement, cela s’entend…

Reprenons.

La comptabilité, c’est harassant, surtout lorsqu’on a le sentiment d’être fliqué en permanence pour trois francs six sous, qu’on doit tout déclarer et qu’à la moindre erreur, on se fait épingler.

Mais cela ça porte un nom: les déclarations d’impôts ! Et tous les sujets… euh, les concitoyens, pardon, y sont soumis.

Alors je comprends que cela puisse faire tout drôle à des politiciens privilégiés qui n’ont jamais eu à le faire, de collecter des petits bouts de papier pour rendre compte de leurs déplacements, achats, faits et gestes, mais voyez-vous, la vie des types de base est ponctuée, que dis-je, polluée par toutes ces notes et factures qu’il faut collecter et dont il faut s’acquitter (#scandale des autoroutes #prix du carburant # limitation à 80km/h …)

Maintenant, si vous avez une idée ou une solution pour nous soulager de ces fardeaux, collectivement bien sûr, pas seulement pour vous et votre entourage, nous sommes à l’écoute.

Mais, tout a coup, le doute s’empare de nous…

François Fillon, le retour ?

Ça sent le François Fillon bis cette affaire ! « Jean-Luc Reitzer emploie ou a employé deux de ses enfants et son épouse dans le cadre de ses fonctions de parlementaire », comme le rappelle le journal L’Alsace : avec-qui-travaille-le-depute


« On n’est pas des truands ! On n’a pas besoin d’être suspectés en permanence de vouloir s’en mettre plein les poches »

Oui, en entendant ce vibrant plaidoyer, nous reviennent à la mémoire les échos de ces rumeurs et accusations non fondées contre de pauvres élus qui, à « l’insu de leur plein gré » furent trainés dans la boue, suspectés et accusés injustement de s’être servis dans les caisses de la maison et d’avoir arrosé les copains et la famille…

Impossible ! Fake news de journalistes mal intentionnés ! Allons relire cet article de L’Obs:

l-argent-cache-de-nos-deputes.html

C’est tellement consternant qu’on ne sait par quel bout reprendre l’histoire politique de la France, qui détient un palmarès de poids lourd dans l’évasion fiscale, la collusion, le conflit d’intérêt, la corruption patentée, les détournements de fonds, les enveloppes et les mallettes oubliées, les financements occultes, les comptes off-shore, l’argent sale des campagnes présidentielles, etc.

Cela vous suffira-t-il à reconnaître que :

  • NON, les élus politiques n’ont plus la confiance des citoyens et cela pour une raison simple : ils l’ont souillée maintes fois;
  • OUI, les citoyens attendent de leurs élus un comportement exemplaire et une conduite morale inaltérable qui les inspire et leur donne foi en la fonction de représentant.

Mais… Est-ce que le débat confiance/défiance envers les élus n’est pas dépassé ? N’est-il pas trop tard ? La partie n’a-t-elle pas déjà été perdue par les politiciens qui ont tout fait, vraiment tout, pour dégoûter les citoyens du système politique actuel ? N’ont-ils pas finalement réussi à nous faire comprendre, malgré eux, qu’on ne pouvait plus rien attendre d’une oligarchie surannée, défendant ses intérêts propres plutôt que ceux de l’ensemble ?

Franchement les mecs, « vous » avez tellement truandé, que vous ne l’avez pas volé, cette étiquette de truands !

Par « vous », il faut admettre qu’une classe est avant tout définie par les membres qui gonflent ses rangs. Quand l’un des membres commet une infraction ou un acte moralement répréhensible, les conséquences de cette action dépasse largement le cadre de la personne et contamine l’ensemble du groupe. C’est en cela que la « classe politique » porte sur elle l’égrégore de la duperie, de la manipulation et du mensonge et que même les éléments les plus nobles auront à lutter contre cette imagerie qui leur colle à la peau…

Faut dire que des décennies de magouilles auront laissé une trace tenace dans les consciences. 

ASSERVIR, SE SERVIR… à quand SERVIR ?

 

« Si les députés étaient mieux payés, ils n’auraient pas besoin d’avoir une activité à côté… »

Justement, parlons-en du service… du SERVICE au bien de l’Ensemble, pour mettre en œuvre les justes relations dans une société tournée vers la vertu, la morale et un juste partage des richesses.

 

  • QUI (à part toi Jean-Luc), qui pense encore que la politique est un « métier » que l’on choisit pour réussir dans la vie ?
  • QUI a encore l’outrecuidance (baisse la main Jean-Luc) de venir pleurer sur son sort et les difficultés rencontrées dans la fonction d’élu ?
  • QUI ose encore rapprocher argent et politique (non vraiment Jean-Luc, y’en a ras la casquette maintenant, baisse la main !) et se plaindre de ne pas gagner assez bien sa vie –alors même que les rémunérations, compensations, dédommagements (etc.) offrent des moyens nettement supérieurs à la moyenne des citoyens qu’on représente ?

C’EST TOUT SIMPLEMENT INDÉCENT !

Petit sondage : levez-la main ceux qui gagnent plus de 5 300€ par mois et qui bénéficient de remboursement de frais, d’indemnités et d’avantages ? (Vas y Jean-Luc, tu peux lever la main cette fois-ci…)

Être mieux payé pour « lutter contre les tentations diverses quand on a un mandat… ne pas être tentés par la corruption, par tous les mauvais esprits qui peuvent trainer ici ou là… »

Aïe, aïe, aïe… C’est le drame ! C’est la sortie de route, les graviers et le mur ! Il ne fallait pas jouer sur la défensive et juxtaposer « tentation/corruption » avec mandat !

Aujourd’hui, ça ne passe plus. Dénoncer les vilains lobbyistes, les mauvais esprits qui tentent les gentils députés, les bons samaritains de la politique, ce serait comme entendre Harvey Weinstein nous expliquer qu’il a été contraint et forcé d’abuser des actrices car elles lui ont fait des yeux de biche… (promis, dans le prochain article, on s’occupe des #balancetonporc).

Il flotte toujours en politique une forme-pensée tenace et malsaine liée à l’orgueil : l’ambition égoïste.

Celle-ci façonne les esprits de telle sorte que beaucoup des nouveaux arrivants en politique confondent cruellement réussite/carrière et aspiration/service.

Quand ce député LR ajoute que les « petits nouveaux » qui arrivent en politique sont obligés de manger des pâtes (LOL), parce qu’ils gagnaient entre 10 000 et 15 000€ dans le privé, contre seulement 5 300€ en tant que député, il ne se rend pas compte qu’il met en fait le doigt sur le cœur du problème en politique : la motivation à en faire.

Lire l’article de L’Alsace et la rubrique « Combien touche un député »

 

Disons-le tout net : ça ne peut plus être l’argent, ni le désir de réussir dans la vie !

Alors question : face à l’eldorado que représentent les start-up à succès, pourquoi un jeune aujourd’hui, rêverait-il de « faire de la politique » ? Quel est son moteur ? Est-ce un élan altruiste à aider son prochain, à faire de ce monde un monde meilleur, par aspiration ? Ou est-ce une ambition personnelle de jeune loup, en quête de reconnaissance, d’argent et de pouvoir ?

La politique ne peut plus, ni de doit être associée à l’argent, à la réputation, à la célébrité. L’aspiration au service, à œuvrer au bien commun, sans attendre de privilèges en retour doit désormais primer pour faire oublier qu’il y a eu des truands… Autrement dit, faire de la politique avec l’intelligence du cœur.

 

Si les vieux routiers du palais Bourbon, à l’image de Jean-Luc Reitzer (à l’Assemblée Nationale depuis 1988 !), ont perdu la capacité à se remettre en question et à envisager le service au bien de l’ensemble de manière désintéressée (30 ans de privilèges, ça a tendance à calmer les ardeurs de serviteur), peut-on espérer que la nouvelle génération elle, soit déconditionnée et vierge de toute attente en terme de privilèges et de traitement de faveur ?

Nous avons quitté l’ère « ASSERVIR » ; nous sommes encore empêtrés dans celle « SE SERVIR ». Faisons émerger l’ère « SERVIR » en refusant ces mentalités et ces comportements carriéristes, arrivistes et égoïstes. Pour cela, ne laissons plus les remugles du « vieux monde » gangréner l’esprit de la nouvelle civilisation, de la nouvelle politique (les affaires publiques, qui concernent chacun).

 

L’antique sagesse est toujours la même : se changer soi pour changer le monde.

Enfin, ayons une pensée émue pour tous les Jean-Luc. Il faudrait peut-être songer à mieux les payer pour leur permettre une réinsertion professionnelle après leur mandat, qui pourrait bien être écourté. Je ne sais pas moi, en comptable, pour apprendre à compter, comme un type de base…

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